Présentation

Rechercher

Derniers Commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

écrits

Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 15:39

Dans le Loiret, c'est pas pareil la fin de l'hiver ou le début du printemps, c'est comme deux saisons en une. Dans le Loiret rien n'est pareil qu'ailleurs, la preuve puisque j'y habite.
Bref, à la fin de l'hiver, il fait toujours très froid, on est encore en hiver, et les seuls oiseaux qu'on entend sont les corbeaux qui croissent en bande d'au moins trente et parfois cinquante.
Au début du printemps, ce n'est plus l'hiver du tout et d'autres oiseaux chantent comme les merles, les mésanges, les rouges-gorges et tout ce petit monde fricotte dans les bois, juste derrière la maison, et puis, il fait moins froid et on nous a rendu le soleil.
Je me souviens maintenant, c'était la fin d'hiver puisque les champs étaient encore tout recouverts de terre lourde et marron.
Les champs, à cette saison, sont tout striés comme de la purée qu'on déguise en galettes avec notre fourchette, pour la faire refroidir et qu'elle nous fasse encore plus envie. Sauf que les champs, à cette saison ils sont marrons et que c'est froid.

En plus, il ne faut surtout pas marcher dessus, et ça pour deux bonnes raisons :


- La première, c'est qu'on s'enfonce les pieds comme dans de la colle et que la terre vous aspire vos bottes en caoutchouc et vous vous retrouvez en chaussettes.
Là, c'est les ennuis assurés.
Si par chance, vous n'avez qu'un pied d'aspiré, vous pouvez encore vous en tirer. Avec un peu de souplesse, vous levez en l'air, mais très haut, le pied en chaussette, vous pliez celui en botte et posez une main près du pied en botte pour pas se faire aspirer un gant. Ensuite vous essayez de récupérer la botte enfoncée avec l'autre main, dans la terre collante.
C'est un exercice assez difficile, il faut beaucoup d'entraînement. En plus, il ne faut pas avoir peur du ridicule parce que de loin on ressemble à des cigognes. Mais avec un peu d'expérience et de patience, on y arrive facilement, à condition quand même, de ne pas se faire pousser par quelqu'un.


- La deuxième raison, c'est que même si on ne le voit pas, cette terre est remplie de graines à l'intérieur et que ces graines sont en plein hivernage comme les ours. Et si, par malchance, et c'est souvent que ça arrive, vous vous faites paner par le propriétaire du champ, alors là, mieux vaut être fort à la course parce que sinon, c'est le coup de pied au cul assuré. Et un coup de pied au cul de paysan du Loiret on le sent bien passer.

Je ne sais pas ce qu'ils mettent dans leurs bottes mais c'est sûrement l'ogre du petit poucet qu'il leur a fabriqué.


Ce coup de pied au cul, il vous envoie voler à mille lieues à la ronde.


Par violette - Publié dans : écrits - Communauté : Vos futures séries TV sont ici
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 13:57



C'était au début du printemps ou à la fin de l'hiver que papa s'est fait enlever par la grosse dame dans sa voiture toute ronde couleur merde de pigeon.

Par violette - Publié dans : écrits - Communauté : Vos futures séries TV sont ici
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 13:54


Cette année, je serais déguisée en Violette Impériale. Je n'ai jamais vu de Violette Impériale pour de vrai, mais, rien que le nom fait déjà penser à un personnage important , un peu royal et ça me plait beaucoup. En plus, je vais porter une super robe blanche, très longue et gonflante avec des fleurs violettes en papier crépon tout autour, du reste, tout le monde me trouvera très jolie.
«Violetteuu, rentre tout de suite à la maison»
«Oui, oui j'arrive», sa voix est furieuse.
Je crois que ça va être ma fête.
Tant pis, pour le lama.
Arrivée à la maison, je jette mon anorak sur la rampe du grand escalier pour que personne ne voie l'accroc que j'ai au bras.
J'avance penaude à reculons dans le couloir.
J'entends plusieurs voix dans le salon.

Tiens, maman, ne me gronde pas, elle a son air des grands jours.
La maison d'habitude si bien rangée et tout en désordre. Du papier blanc, du papier violet, du tissu qui tombe parterre.
Oh, madame Charton est là, c'est pour ça qu'elle n'a rien vu pour ses géraniums. Je me garde bien de lui dire.
Mme Ragu aussi est là, elles boivent du café et elles ont l'air de bien s'amuser.

• Violette enfin, te voilà. Mais dans quel état t'es-tu mise encore. Tu as vu tes genoux et tes coudes. Tu ne seras jamais une très belle femme si tu as des cicatrices partout sur les jambes et tu ne pourras pas mettre de jolies robes avec des bas de soie.
• Heu, heu, bah je suis tombée en courant après le lama.
• Qu'est-ce que tu me chantes encore? Allez enlève-moi ton pantalon et viens essayer ton déguisement de carnaval.
• Ouah, qu'elle est belle la robe, on dirait une robe de princesse.


Mais je pense en moi-même «c'est pas comme ça que je vais ressembler à un grand chef indien. Mais si c'est le seul moyen de participer au carnaval.»


Je ne suis pas encore un grand chef, alors j'ai accepté mais depuis, les temps ont bien changé.


En fait la transformation de mes pouvoirs d'indien est intervenue le jour où Papa s'est fait enlever par la grosse dame.

Par violette - Publié dans : écrits - Communauté : Vos futures séries TV sont ici
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 13:49
C'est M. Bonnard, de la ferme voisine, il transporte une montagne de fumier encore fumant et vraiment puant.

J'ai beau aimé cette campagne qui m'a adoptée depuis un déjà, cette puanteur je ne m'y fais pas. En plus la fumée de son tracteur me pique les yeux, et me fait pleurer, et ça, pleurer, je ne peux pas me le permettre.

Pourvu que personne de m'est vue. Un grand chef comme moi, ne doit pas sombrer dans la sensiblerie et surtout ne pas être pris en flagrant délit de pleurnichage. Je m'essuie les yeux avec la manche de mon anorak pas vraiment nette à cause des traces vertes et du sang de mon égratignure que je me suis faite en dégringolant de mon arbre.
Le tracteur n'a pas surpris que moi, voilà que le lama se sauve en courant et galope en direction des champs.

Je cours derrière lui pour essayer de le rattraper. Et maman qui m'appelle, elle va s'inquiéter et ça va encore finir au bureau des pleurs.
Mais ma curiosité est toujours la plus forte, pire qu'une fouine je ne peux m'empêcher de mettre mon nez partout. Après tout, c'est normal, il faut bien que je me tienne au courant des choses de la vie sinon je resterai une ignorante et là j'aurai gagné le cocotier!

Je connais ce chemin par cœur jusqu'au moindre diamètre de chaque nid de poule. Je trébuche. L'animal se dirige vers la source Saint Martin située en bas du village. Je le suis, il ne faut surtout pas qu'il aille abîmer les barrages que j'ai fabriqué avec Éric dans les petits ruisseaux cachés derrière les grands roseaux.
C'est quoi ce bruit de l'enfer, cette nouvelle fumée, ces nouveaux relents de puanteur, mais c'est un vrai convoi de tracteurs.
Pourtant c'est pas la répétition de carnaval! Mais si c'est la répétition de Carnaval, mon premier Carnaval de toute ma vie!
M. Bonnard est le maire de V. en Gâtinais, et tous les ans, c'est lui qui organise la cavalcade déguisée du carnaval.


Par violette - Publié dans : écrits - Communauté : Vos futures séries TV sont ici
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /Juin /2009 16:50
Perdue dans mes pensées et fonçant à toute allure, je stoppe net dans mon élan.
Je n'en crois pas mes yeux. C'est peut-être la fumée du calumet qui m'a donné la berlue.
«Mais non, je ne rêve pas!».
Là sur la grande place, juste devant moi, un lama en train de brouter les géraniums tout fanés qui dépassent de la fenêtre de Mme Charton.
Mme Charton c'est la directrice de l'école et en plus de sa grande culture d'école, c'est une grande jardinière.
Grâce à elle, notre village gagne tous les ans, le concours de la ville la plus fleurie du département.
Autant dire qu'elle y tient à ses géraniums. Elle nous rend drôlement fiers Mme Charton grâce à ses géraniums.
«Qu'est-ce qui va prendre le lama si elle le voit en train arracher les racines de ses géraniums fanés.»

La place du monument aux morts est couverte de roulottes, de caravanes, de manèges que des forains installent et une tente de cirque qui est train de se monter.
Une vieille romain-michelle portant des tas de fichus sur la tête se dirige vers moi. Elle a un sourire tout doré. Je n'ai jamais vu personne porter des bijoux en or qui remplace les dents. Elle doit être très riche ou peut-être que c'est la grand-mère d'Esméralda, la reine de Notre Dame qui est dans le livre de Victor Hugo que m'a offert mon papa.
Elle s'approche en me tendant la main et me demande de lui prêter la mienne. J'ai un peu peur, elle boite et cependant avance très rapidement. Sans que j'aie le temps de réagir, elle me saisit le bras à la vitesse d'une flèche.
Sa peau de main est toute sèche et toute ridée comme les fesses d'un hippopotame. Elle me serre les doigts, j'ai un peu peur, mais je serre les dents et fait bonne figure pour ne pas la vexer, elle a l'air d'être si savante.
«Bonjourrrr, ma petite fée, tu as l'airrr bien mignonne. Où courrrais-tu comme ça? On aurrrait dit que tu avais le diable à tes trrrousses.»
Ses yeux se plongent soudain dans mes yeux et ressemblent à deux immenses lacs tout noirs. Ils sont si grands que j'ai peur de m'y noyer.
Mais je me reprends très vite et pense à mon calumet que je viens de fumer et qui me protège de la sorcellerie.
Sa grosse voix rocailleuse poursuit «Ta maman a fait des bêtises, n'est-ce pas? Et ta famille recoller les morceaux ici et tenter une nouvelle chance, en quittant Paris. Un homme, je vois un homme mauvais. Elle sera malheureuse toute sa vie et toi...».
Là s'en est trop, j'arrache mes mains des siennes et je virevolte sur moi-même comme une toupie.
Maman faire des bêtises et puis quoi encore, elle a passé l'âge des bêtises depuis bien longtemps et s'il y a bien une personne spécialisée en bêtises dans cette famille, c'est bien moi et personne d'autre! Et puis quels morceaux, papa et maman n'ont jamais rien cassé. A part une ou deux assiettes et puis c'était pas exprès, c'était en faisant la vaisselle ou en s'énervant, enfin pas souvent...
Pour un peu, elle me ferait pleurer la grand-mère d'Esméralda et mes larmes coulent toutes seules.
Soudain, un bruit sourd et familier de tracteur m'attaque les tympans et me tire de ma torpeur

Par violette - Publié dans : écrits - Communauté : Vos futures séries TV sont ici
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus