Jeudi 12 mars 2009
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12:38
10h35 du matin.
Mars.
1967.
V. dans le Loiret.
Maman me sert fort la main, mon pantalon me gratte juste là où il ne faut pas. Je remue mon popotin pour que la doublure se décolle de mes fesses. C'est la couture qui me gratte.
Je reste la tête baissée, mes chaussures sont pleines de boue.
Tiens une flaque d'eau, je tape un grand coup avec mon pied. J'arrose les chevilles de maman. Ses bas sont tout mouillés.
Elle tourne les yeux vers moi. Ils sont pleins de larmes. Elle ne me gronde pas, pire, elle me sourit. Enfin, elle sourit à ses chaussures.
«Glups», j'avale ma salive, ça me donne envie de pleurer.
Pleurer, ça il n'en est pas question!
Jamais, je me le suis promis, je suis devenue un grand chef maintenant et on sait que ça n'est pas facile. Alors pleurer, ça non et non!!!
Mais bon sang, pourquoi faut-il que les gens se fassent enterrer quand il fait froid?
Décidément les morts n'ont vraiment aucune imagination ou peut-être est-ce pour bien marquer le coup comme ça, les vivants diront «Oh la la qu'est-ce que j'ai eu froid le jour de son enterrement!»
et avoir eu très froid un jour d'enterrement, ça ne s'oublie pas.En prime on peut attrapper un bon rhume et ça ne s'oublie pas non plus.
Comme ça le mort il se fait pas oublier, faut pas croire mais c'est malin un mort.
J'ai plus envie de suivre ce cortège funèbre, si je pouvais m'envoler comme un aigle.
Aller fermons les yeux, une grande inspiration et je vais m'élever dans les airs comme les grands rapaces du Pays des Grandes Rocheuses, celui des grands espaces, celui des grands chefs indiens,
celui du Dernier des Mohicans.
Maman m'appelle en hurlant par la fenêtre de la salle à manger qui donne sur le jardin côté rue.
Par violette
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Publié dans : écrits
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C'est beau !... Trop trop fort ! Vivement la suite...
et les illustrations sont remarquables !